Nos intentions
Depuis son lancement, le Canalternatif entend dessiner d’autres horizons que ceux de la poursuite effrénée de la mondialisation et de la destruction des conditions d’habitabilité de nos territoires. Après avoir mené différentes enquêtes pour révéler les impasses économiques, sociales, démocratiques et écologiques du canal Seine-Nord Europe (voir l’onglet « documentation »), le collectif souhaite contribuer à produire des futurs socialement désirables et compatibles avec les urgences contemporaines.
Face à la diversité des enjeux et l’ampleur du territoire concerné, le Canalternatif propose de mettre en lumière la pluralité des projets susceptibles de voir le jour une fois le CSNE abandonné. Contre le fantasme d’un mégaprojet salvateur, capable d’apporter la prospérité à toute une région, cette démarche souhaite répondre aux réelles urgences par une multitude d’actions relatives aux frets écologiques, à l’agriculture, à la convivialité, etc. Autant d’alternatives ancrées dont la composition forme, tels les carreaux d’une mosaïque, les contours de nouveaux modes de vie dans les Hauts-de-France.
De fait, le Canalternatif s’inscrit à rebours de la figure technocratique de l’expert, mythologie capitaliste construite au service de l’accumulation et la rentabilité à court-terme. L’objectif de ce projet est que chacun-e puisse se saisir des arguments critiques d’un tel projet, tout en ayant la possibilité de participer à la construction d’autres devenirs pour la région. Cette démarche collaborative, appuyée par un forum numérique (voir le forum), entend favoriser le partage d’expérience et la diffusion des savoirs situés. Les alternatives proposées sont autant de futurs possibles pour le territoire, et constituent des réponses concrètes aux urgences vécues localement.
Pour matérialiser ce double mouvement critique-alternative, le Canalternatif produit deux types de contenus :
- des fiches problématiques, pour synthétiser des enjeux structurants soulevés par le canal Seine-Nord Europe ;
- des fiches alternatives, pour détailler un projet capable de répondre à une ou plusieurs urgences locales ;
Comment participer ?
Pour participer à ce processus d’élaboration, n’hésitez pas à proposer vos idées et vos propositions de fiches à l’adresse : contact@canalternatif.fr
Le forum : alimenter le débat et particper à la discussion autour de ces fiches
Le projet du CSNE signe la mort programmée du réseau de fret fluvial existant
Comment un projet d’une telle ampleur en terme d’investissement d’argent public, d’engagement des politiques locales et nationales de transport, d’impacts sociaux et écologiques peut-il échapper à un débat public sérieux ?
L’investissement de plusieurs milliards dans la construction d’un canal à grand gabarit s’articule avec un projet économique : ce projet peut-il conduire à autre chose que l’ancrage du territoire dans une agriculture intensive exportatrice ?
Quels sont les emplois et le modèle économique l’on veut développer sur le territoire à moyen et long terme (est-ce qu’on veut exporter des céréales industrielles et importer des jouets chinois) ?
Comment raisonnablement faire aujourd’hui des promesses pour dans 50 ans (il y a 50 ans il n’y avait pas de Web, pas de portable, pas d’IA…) ?
Quel sens cela a-t-il d’investir en 2026 dans une solution qui réduirait potentiellement la croissance du traffic routier en valeur relative, mais à condition que le traffic croisse en valeur absolue (et donc qui contribuerait in fine à l’enracinement des flux routiers1) ?
La construction du CSNE s’accompagne d’une mégabassine afin d’adresser les problèmes anticipés de débit dans le contexte du changement climatique : pourquoi investir plusieurs milliards dans une infrastructure qui risque soit de dysfonctionner soit de concurrencer l’agriculture (et donc d’être soit inutile soit délétère) ?
La maîtrise d’ouvrage du projet promet la création de 45 000 emplois à terme, pourtant, cette promesse se fonde sur des hypothèses infondées et la trajectoire sociale poursuivie par un tel projet semble discutable.
La construction d’un axe fluvial associé à un canal à grand gabarit s’accompagne d’opérations de compensation écologiques visant à contrebalancer l’impact inévitable du chantier sur les milieux naturels. Comment savoir si les gains de biodiversité promis sont à la hauteur de la valeur des habitats détruits ?
Le CSNE, nécessitant une forte augmentation d’employés dans le secteur de la batellerie, ne semble pas à même d’inverser les tendances lourdes qui minent le secteur, en premier lieu, la concurrence très forte qui provoque une course à la rentabilité, et in fine, mène à l’épuisement et la perte d’attractivité du métier.