L'objectif du projet est de redévelopper puis conserver un cadre naturel sauvage permettant la biodiversité autour des berges du canal.
Restauration et réensauvagement
Restauration écologique et réensauvagement des berges du canal
Acteurs et actrices
- Superviseurs
- Promeneurs
- Arbres et plantes replantés
- Espèces réensauvagées
Description longue
Le projet consistera à restaurer une zone naturelle sur les rives du canal, sur un total de 30 à 50 km en longueur, hors des zones urbaines, comprenant notamment les zones appropriées pour le canal Seine Nord Europe (port, écluse, etc.). Après restauration, un réensauvagement d’espèces (oiseaux, mammifères, amphibiens) sera réalisé pour reconstituer un espace naturel vivant et soutenable. Le réensauvagement considérera en particulier les problématiques de biodiversité et de réchauffement climatique dans le choix des espèces introduites.
La restauration écologique n’a malheureusement pas de garantie de succès. La difficulté est encore plus importante si l’activité humaine sur le canal est maintenue pour un transport de fret ou de passager léger. Cependant, Clémentine Mutillod (2024) mentionne la possible complémentarité entre restauration et réensauvagement, la première ayant une vision plutôt bottom-up (le développement du lieu va ramener les espèces animales), et la seconde plutôt top-down (les espèces réintroduites servent à développer le lieu et attirer d’autres espèces).
L’objectif de ce projet est donc dans un premier lieu de restaurer les berges du canal, en éliminant les structures industrielles existantes dues aux travaux et à l’extension du canal (bitumisation, grandes écluses, méga-bassines, nouveaux grands ports), en restituant les sols et en reboisant. Dans un second lieu, le réensauvagement par le repeuplement d’espèces locales devrait permettre de reconstituer la biodiversité. Les espaces de grand chantier des travaux du canal (comme le site prévu pour le port interne de Noyon) sont particulièrement candidats pour le réensauvagement, comme une plus grande superficie est nécessaire à la réussite de cette action.
Après les travaux initiaux de restauration, deux superviseurs seront chargés des efforts de réensauvagement et de restauration ponctuelle, ainsi que du suivi de la biodiversité. Un cahier en ligne permettra aux promeneurs sur les berges du canal de signaler les espèces rencontrées pour faciliter ce suivi. Des visites guidées seront organisées (par exemple partir d’inscriptions en ligne), durant lesquelles un superviseur discutera des travaux de restauration et de réensauvagement et pourra pointer des espèces en condition naturelle. Les sommes collectées dans ces visites servira intégralement à l’entretien des pratiques de restauration et d’ensauvagement.
Les activités des superviseurs seront réalisées en collaboration avec l’ONF.
Produits du projet
- Espaces naturels sur 50 km discontinus le long des berges du canal.
- Activité de supervision de la biodiversité
- Activité de réensauvagement
- Activité de restauration écologique (reboisement, reconstruction des sols)
Objectifs du projet
- Le projet permettra de redévelopper des espaces naturels sur les berges du canal
- Le projet permettra de reconstituer et protéger la biodiversité
- Le projet permettra de faire évoluer l’écosystème des berges du canal pour mieux s’adapter au changement climatique
Dimensionnement CQD (Coût-Qualité-Délais)
Objectifs qualitatifs
- restauration de 30 à 50 km2 des berges du canal
- ré-ensauvagement d’une espèce par an pendant 5 ans
- supervision de la biodiversité : catalogue annuel des espèces repérées avec comparaison des années passées
- 2 personnes affectées aux efforts de réensauvagement et au suivi de la restauration
Espaces et équipements
- Espace en restauration : environ 50 km2
Investissements
Investissement initial : 35500k€
- Rétablissement du sol de la zone restaurée : 300k€
- 60 euros pour un terrassement de 1m3 de sol argileux x 50km2
- Reboisement de la zone restaurée : 35000k€
- 7000 euros /ha de plafond de financement pour les subventions de l’état en 2025
- (https://planete-foret.com/blog/subventions-reboisement-2025/) x 100 x 50
- Équipement : 100k€
Fonctionnement
Budget : 950k€/an
- 2 Superviseurs (salaire, contributions, frais) : 200k€/an
- coût de réensauvagement pour une espèce par an : ??
- travaux annuels de restauration (1km2 par an) : 700k€
- Imprévus : 20k€/an
Financement
Financement requis pour 10 ans : 46000k€ Pistes :
- Dons
- Visites (sur le modèle de Marquenterre )
- Subvention de l’état (potentiellement 100% du coût de reboisement, soit les trois quarts du financement requis)
Analyse lowtechisation (9 axes & 27 critères)
https://librecours.net/modules/lownum/low05/solweb/co/low05.html
Valeur soutenabilité
- biodiversité : Une réussite du projet aura évidemment un impact positif sur la biodiversité, recréant des espaces naturels pour des espéces animales et végétales sauvages.
Levier Politiser
- préfiguration : Le projet est une expérimentation de restauration et de réensauvagement local, et cherche également à montrer l’exemple en tant que reconstitution et préservation d’espaces naturels publics.
Levier Imaginer
- soin : Le projet cherche à restaurer et réensauvager un espace en utilisation des techniques d’analyse et de supervision permettant de sélectionner les espèces à réintroduire et les moyens de réintroduction, ainsi que d’adapter dans le temps l’espace naturel au changement climatique.
- ataraxie : Le projet prioritise la nature et un espace public agréable par rapport à un espace privé utile.
Tension consommation
- individualisme : Le projet propose un espace public naturel à l’opposé de la propriété privée.
- besoin : Le projet ne répond pas à un besoin individuel ou artificiel d’êtres humains ; l’utilisation du canal comme voie de frêt ou de transport est d’ailleurs en tension avec le projet.
Tension croissance
- richesse : Le projet a un coût financier significatif qui ne cherche pas à offrir un retour monétaire sur investissement.
Bibliographie
MUTILLOD, Clémentine , 2024. Elise Buisson, Gregory Mahy, Renaud Jaunatre, James M Bullock, et al., Ecological restoration and rewilding: two approaches with complementary goals?, Biological Reviews, 99 (3), pp.820-836.